Coincé entre deux géants démographiques, l'Inde et la Chine, le Népal compte environ 30 millions d'habitants sur un territoire grand comme la moitié de la France. Derrière ce chiffre se cache une population d'une diversité rare : des dizaines d'ethnies et de langues, une jeunesse nombreuse, et une émigration massive de travailleurs qui marque profondément le pays. Voici le panorama complet.
Quelle est la population du Népal ?
Le Népal compte environ 30 millions d'habitants en 2026, selon les projections issues du recensement national de 2021 qui en dénombrait un peu plus de 29 millions. C'est une population comparable à celle d'un grand pays européen, mais répartie sur un territoire bien plus petit et très montagneux.
La croissance démographique a nettement ralenti : le taux de fécondité, longtemps élevé, est redescendu autour de 2 enfants par femme, proche du seuil de renouvellement. La population reste toutefois jeune, avec un âge médian d'environ 25 ans, même si l'émigration des actifs et la baisse de la natalité amorcent un vieillissement progressif.
Pour mettre ce chiffre en perspective, le Népal est à peu près aussi peuplé que le Pérou ou le Venezuela, sur un territoire d'environ 147 000 km2, soit un peu plus du quart de la France. Mais comme une grande partie de ce territoire est occupée par la haute montagne, la population réelle se concentre sur une fraction bien plus réduite des terres habitables. Pour situer le pays dans son ensemble, consultez notre carte du Népal et ses grandes régions.
La population de Katmandou et des grandes villes
Katmandou est de loin la ville la plus peuplée du Népal, avec environ 1 million d'habitants dans la municipalité même et près de 3 à 4 millions dans l'agglomération (la vallée de Katmandou), qui englobe les villes voisines de Patan et Bhaktapur. C'est le seul véritable pôle urbain majeur du pays.
Le Népal reste en effet un pays majoritairement rural : environ deux tiers de la population vivent encore à la campagne. L'urbanisation progresse vite, mais les autres villes restent de taille modeste à côté de la capitale.
| Ville | Population approximative | Région |
|---|---|---|
| Katmandou | ~1 000 000 (agglo. 3-4 M) | Vallée de Katmandou |
| Pokhara | ~500 000 | Collines centrales |
| Lalitpur (Patan) | ~300 000 | Vallée de Katmandou |
| Bharatpur | ~370 000 | Teraï (Chitwan) |
| Biratnagar | ~250 000 | Teraï oriental |
Remarque : ces chiffres dépendent fortement du périmètre retenu (municipalité ou agglomération). Pour comprendre le poids de la capitale dans le pays, lisez notre article sur la capitale du Népal.
Une mosaïque d'ethnies et de castes
Le Népal est l'un des pays les plus diversifiés d'Asie sur le plan ethnique, avec plus de 120 groupes recensés et autant de langues parlées. Aucune ethnie ne forme une majorité absolue : le pays est une véritable mosaïque humaine.
On distingue schématiquement plusieurs grands ensembles :
- Les groupes indo-aryens (Bahun, Chhetri), majoritaires en nombre cumulé, traditionnellement de culture hindoue et de langue népalaise.
- Les peuples des collines et des montagnes d'origine tibéto-birmane : Newars (artisans de la vallée de Katmandou), Tamang, Gurung, Magar, Rai, Limbu.
- Les Sherpas, célèbres pour leur rôle dans l'himalayisme, installés dans les hautes vallées de l'est, près de l'Everest.
- Les populations du Teraï (Tharu et groupes proches de la plaine indienne), au sud du pays.

À cette diversité ethnique s'ajoute l'héritage du système des castes, longtemps structurant dans la société hindoue népalaise. Officiellement aboli et combattu par la loi, il continue d'influencer la vie sociale, notamment dans les campagnes, même si les jeunes générations urbaines s'en affranchissent de plus en plus. Cette stratification se superpose aux appartenances ethniques sans toujours se confondre avec elles.
Cette diversité se double enfin d'une grande variété religieuse, l'hindouisme et le bouddhisme cohabitant souvent au sein des mêmes communautés, parfois jusque dans les mêmes temples. Notre article sur les langues du Népal détaille ce paysage linguistique foisonnant, où le népalais sert de langue commune entre des dizaines d'idiomes locaux.
Densité et répartition : collines contre plaine du Teraï
La densité moyenne du Népal tourne autour de 200 habitants au km2, mais cette moyenne cache d'énormes écarts entre une plaine surpeuplée et des montagnes presque vides. Le relief, qui passe de moins de 100 mètres à plus de 8 000 mètres d'altitude, commande toute la répartition de la population.
On distingue trois bandes parallèles, d'est en ouest :
- Le Teraï (plaine du sud, le long de la frontière indienne) : la plus basse et la plus fertile, elle concentre désormais plus de la moitié des habitants et les densités les plus fortes.
- Les collines centrales (Mahabharat et moyenne montagne) : la zone historique de peuplement, où se trouvent Katmandou et Pokhara, densément habitée mais sur un relief accidenté.
- La haute montagne himalayenne : quasi vide, avec quelques vallées d'altitude peu peuplées où vivent notamment les Sherpas.
Concrètement, la densité dépasse parfois plusieurs centaines d'habitants au km2 dans le Teraï et dans la vallée de Katmandou, alors qu'elle tombe à quelques habitants au km2 seulement dans les districts de haute montagne du nord. Cette répartition très contrastée explique pourquoi un voyageur peut passer en une journée de zones rurales surpeuplées à des vallées d'altitude quasi désertes.
Remarque : c'est dans le Teraï, et non dans les montagnes, que vit aujourd'hui la majeure partie des Népalais, un renversement récent dû à l'éradication du paludisme à partir des années 1950 et à l'essor agricole de la plaine, qui a attiré des migrants venus des collines.
Démographie et émigration : des travailleurs partout dans le monde
L'émigration de travail est l'un des traits les plus marquants de la démographie népalaise : plusieurs millions de Népalais travaillent à l'étranger, principalement dans les pays du Golfe (Qatar, Arabie saoudite, Émirats), en Malaisie et en Inde. Cette diaspora façonne en profondeur la société et l'économie.
Les conséquences sont massives :
- Les transferts d'argent (remises) envoyés par ces travailleurs représentent autour d'un quart du PIB du pays, l'une des proportions les plus élevées au monde, et financent la consommation de millions de foyers.
- De nombreux villages se vident de leurs hommes en âge de travailler, laissant femmes, enfants et personnes âgées gérer les exploitations agricoles, ce qui transforme en profondeur la vie rurale.
- Cette dépendance rend l'économie sensible à la conjoncture des pays d'accueil : un ralentissement dans le Golfe se répercute vite sur les revenus des familles népalaises.
- Le tourisme constitue l'autre grand pilier économique, avec les recettes du trek et des visites culturelles dans la vallée de Katmandou.
Cette émigration concerne aussi les étudiants, de plus en plus nombreux à partir se former en Australie, au Japon ou en Amérique du Nord, ce qui prolonge la fuite des cerveaux au-delà des seuls travailleurs manuels. Pour les voyageurs, cette réalité explique en partie l'accueil chaleureux et l'ouverture du pays : presque chaque famille a un proche à l'étranger. Avant de partir à la rencontre de ces populations, pensez à préparer votre séjour avec une bonne assurance voyage.
Questions fréquentes
Combien d'habitants compte le Népal ?
Le Népal compte environ 30 millions d'habitants en 2026, selon les projections du recensement de 2021 qui en dénombrait un peu plus de 29 millions.
Quelle est la population de Katmandou ?
La municipalité de Katmandou compte environ 1 million d'habitants, mais l'agglomération (la vallée de Katmandou avec Patan et Bhaktapur) atteint 3 à 4 millions de personnes.
Quelles sont les principales ethnies du Népal ?
Le pays compte plus de 120 groupes ethniques. Les principaux sont les Bahun et Chhetri (indo-aryens), les Newars, Tamang, Gurung, Magar, Rai et Limbu (collines), les Sherpas (montagnes) et les Tharu (plaine du Teraï).
Quelle est la densité de population du Népal ?
La densité moyenne est d'environ 200 habitants au km2, mais elle est très inégale : la plaine du Teraï est surpeuplée, les collines centrales densément habitées et la haute montagne himalayenne presque vide.




